Le marché de l'immobilier logistique belge est à un tournant. Entre la pression du commerce en ligne, les zones à basses émissions (ZBE) qui se multiplient et la raréfaction du foncier en ceinture urbaine, la demande d'entrepôts de proximité — souvent appelés city hubs, micro-fulfillment centers ou entrepôts de dernier kilomètre — n'a jamais été aussi soutenue. Pour les entreprises à la recherche d'espaces adaptés, depotinfo.be recense en temps réel l'ensemble des offres disponibles sur le territoire belge, des petits locaux de 200 m² aux plateformes de plusieurs milliers de mètres carrés.

 

 

Pourquoi la logistique du dernier kilomètre redéfinit le marché de l'entrepôt en Belgique

 

La Belgique occupe une position géographique stratégique au cœur de l'Europe du Nord-Ouest. Le pays concentre plusieurs des principales routes d'approvisionnement continentales, ce qui en fait un hub naturel pour la distribution régionale. Mais la logistique du dernier kilomètre obéit à une logique différente : il ne s'agit plus de massifier les flux, mais de rapprocher les stocks des consommateurs finaux pour compresser les délais de livraison à J+1, voire à quelques heures.

Plusieurs facteurs structurels alimentent cette demande :

  • Croissance du e-commerce : le chiffre d'affaires du commerce en ligne belge dépasse désormais les 12 milliards d'euros annuels, avec une progression régulière de 8 à 10 % par an.
  • Attentes de livraison rapide : plus de 60 % des acheteurs en ligne belges considèrent la livraison le lendemain comme un standard minimal.
  • Zones à basses émissions : Bruxelles, Anvers et Gand ont instauré des ZBE restrictives. D'ici 2030, seuls les véhicules à zéro émission pourront y circuler librement, imposant aux logisticiens de disposer de points d'ancrage à l'intérieur ou en périphérie immédiate de ces zones.
  • Pression réglementaire sur les livraisons nocturnes : les plages horaires autorisées se réduisent, rendant les stocks de proximité indispensables pour respecter les fenêtres de livraison.

 

 

Les principales zones de demande : portrait de quatre marchés urbains

 

Bruxelles : rareté et prix premium

La Région de Bruxelles-Capitale constitue le marché le plus tendu de Belgique pour les entrepôts urbains. Avec une densité de population parmi les plus élevées du pays et une ZBE en vigueur depuis 2018, la demande de surfaces logistiques de proximité y est chroniquement supérieure à l'offre. Les zones les plus prisées se situent dans un rayon de 5 à 15 km du pentagone : Forest, Anderlecht, Schaerbeek, Evere et, au-delà du Ring, des communes comme Machelen, Vilvoorde ou Zaventem, qui offrent un excellent accès aux axes autoroutiers (E40, E19, R0) tout en restant à moins de 20 minutes du cœur de la ville.

Les loyers faciaux pour des unités de 500 à 2 000 m² dans cette ceinture oscillent entre 70 et 110 € / m² / an, avec des pointes au-dessus de 120 € / m² / an pour des surfaces inférieures à 300 m² bénéficiant d'une localisation centrale exceptionnelle. La durée minimale des baux est généralement de 3 ans (bail 3-6-9), même si des formules flexibles de 12 à 18 mois commencent à émerger pour les city hubs.

 

Anvers : le poids du port et la montée des micro-hubs

Anvers est le deuxième port mondial en volume de conteneurs traités et le premier de Belgique. Si les grands entrepôts de zone portuaire (Rechteroever, Linkeroever, zone du Waasland) restent dominés par la logistique de transit et le stockage de masse, la ville connaît elle aussi une forte demande pour des espaces de dernier kilomètre en zone urbaine dense. Les quartiers de Hoboken, Merksem et Deurne, ainsi que des communes comme Mortsel et Wilrijk, concentrent l'essentiel des recherches pour des surfaces de 300 à 1 500 m².

Les loyers y sont légèrement inférieurs à ceux de Bruxelles : 55 à 85 € / m² / an en moyenne pour des entrepôts urbains de taille intermédiaire, avec des charges locatives (précompte immobilier, entretien des communs) représentant généralement 10 à 15 % du loyer de base.

 

Gand : un marché en pleine structuration

Gand combine les avantages d'un port intérieur actif, d'une position centrale entre Bruxelles et la côte, et d'une économie locale diversifiée. La ville attire un nombre croissant d'opérateurs de logistique urbaine grâce à ses infrastructures cyclables avancées, qui facilitent le déploiement de cargo-vélos pour les livraisons intra-muros. Les zones logistiques de Wondelgem, Evergem et Zelzate sont particulièrement recherchées pour des entrepôts de 1 000 à 5 000 m² servant de relais entre les grands nœuds autoroutiers et le cœur de la ville.

Les valeurs locatives se situent entre 45 et 70 € / m² / an, ce qui en fait l'un des marchés les plus compétitifs parmi les grandes villes belges.

 

Liège : la porte de la Wallonie et le hub aérien

Liège tire parti de la présence de l'aéroport de cargo de Liège Airport (4e aéroport cargo européen), qui génère une demande soutenue en entrepôts de cross-docking et de fulfillment. La ville constitue également le principal point d'entrée logistique pour l'est de la Wallonie et le Grand-Duché de Luxembourg. Les zones industrielles de Hauts-Sarts, Loncin et Grace-Hollogne concentrent l'essentiel de l'offre disponible. Les loyers y sont sensiblement plus accessibles : 35 à 55 € / m² / an pour des entrepôts de 1 000 à 10 000 m².

 

 

Surfaces et formats : quelle taille pour quel usage ?

 

L'un des enjeux majeurs de la logistique du dernier kilomètre est de trouver le bon équilibre entre superficie, localisation et coût. Le tableau ci-dessous synthétise les principaux formats observés sur le marché belge en 2025 :

Format | Surface typique | Usage principal | Fourchette de loyer (€/m²/an) | Marchés cibles

  • Micro-hub urbain | 100 – 400 m² | Stock tampon, retours, relais vélo-cargo | 90 – 140 | Bruxelles intra-muros, Anvers centre
  • City hub de proximité | 400 – 2 000 m² | Préparation de commandes, livraison J+1 | 55 – 110 | Première couronne des grandes villes
  • Entrepôt périurbain | 2 000 – 8 000 m² | Fulfillment régional, cross-docking | 40 – 70 | Ring bruxellois, zone portuaire anversoise, Gand, Liège
  • Plateforme logistique | 8 000 m² et + | Distribution nationale, stockage de masse | 35 – 55 | Axes A12, E40, E19, zone Liège Airport

À noter : pour les entreprises qui cherchent également à intégrer des espaces de bureau ou de management sur site, il peut être pertinent d'explorer les offres sur bureauinfo.be, le portail sœur dédié à l'immobilier de bureau en Belgique, afin de combiner bail logistique et bureau dans un même bâtiment ou dans des locaux adjacents.

 

 

Arbitrages de coûts : aller au-delà du loyer facial

 

Le coût total d'occupation (TCO)

Le loyer au m² n'est que la partie émergée de l'iceberg. Pour une décision immobilière logistique éclairée, il est indispensable d'intégrer l'ensemble des composantes du coût total d'occupation :

  • Charges locatives et frais de gestion : généralement 10 à 18 % du loyer de base en Belgique.
  • Précompte immobilier : refacturé au locataire dans la plupart des baux commerciaux belges ; il varie selon les régions et les communes (entre 0,8 et 1,5 % de la valeur cadastrale).
  • Travaux d'aménagement : installation d'une mezzanine, d'un système de convoyage ou d'une infrastructure de recharge électrique pour véhicules peut représenter 150 à 500 € / m² de surface aménagée.
  • Énergie : les entrepôts réfrigérés ou climatisés génèrent des coûts énergétiques de 15 à 40 € / m² / an supplémentaires.
  • Garantie locative : standard à 3 mois de loyer en Belgique, parfois 6 mois pour les surfaces supérieures à 5 000 m².

 

Localisation versus coût : le calcul de la zone de chalandise

Un entrepôt situé 20 km plus loin du centre-ville peut paraître attractif à 45 € / m² / an, mais il génère des surcoûts de transport qui peuvent rapidement dépasser les économies réalisées sur le loyer. Une règle empirique fréquemment utilisée par les logisticiens belges : chaque kilomètre supplémentaire parcouru par un véhicule de livraison légère représente environ 0,35 à 0,50 € de coût opérationnel direct (carburant/énergie, amortissement, temps chauffeur). Pour 50 livraisons par jour et 250 jours ouvrés, un écart de 10 km se traduit par 43 750 à 62 500 € de surcoût annuel — souvent supérieur à l'économie de loyer réalisée sur 500 m².

Ce calcul justifie la prime de localisation observée sur les marchés de Bruxelles et d'Anvers, et explique pourquoi des opérateurs acceptent de payer 100 € / m² / an pour un espace de 400 m² à Anderlecht plutôt que 50 € / m² / an pour un entrepôt de 800 m² à 25 km du Ring.

 

 

Tendances et perspectives : ce qui va changer d'ici 2027

 

La verticalisation des entrepôts urbains

Face à la rareté du foncier en zone urbaine, plusieurs développeurs belges et internationaux investissent dans des entrepôts multi-niveaux, avec des rampes d'accès permettant aux camions de livraison d'accéder directement aux étages supérieurs. Ce modèle, déjà répandu au Japon et aux Pays-Bas, commence à émerger à Bruxelles et à Anvers, avec des projets en cours de développement dans des zones comme le canal à Bruxelles ou le quartier logistique de Nonnepolder à Gand.

 

La montée en puissance des baux flexibles

Les formats contractuels évoluent. De plus en plus d'opérateurs logistiques cherchent des espaces en bail court (12 à 24 mois) ou en formule de logistique partagée (shared warehousing), où plusieurs entreprises mutualisent un même espace et les ressources humaines associées. Cette flexibilité a un prix : les loyers en formule partagée sont généralement 20 à 35 % plus élevés au m² que les baux classiques, mais ils éliminent les risques d'engagement à long terme.

 

Les aides publiques et les contraintes environnementales

Les trois Régions belges (Bruxelles-Capitale, Wallonie, Flandre) proposent des mécanismes d'aide à l'investissement pour les projets logistiques durables : primes à la rénovation énergétique des entrepôts, subsides pour l'installation de panneaux photovoltaïques ou de bornes de recharge. Par ailleurs, les nouvelles normes de permis d'environnement en Région de Bruxelles-Capitale imposent des études d'impact renforcées pour tout projet logistique de plus de 2 500 m² en zone mixte. Anticiper ces contraintes réglementaires dès la phase de recherche immobilière est devenu indispensable. 

 

 

FAQ — Questions fréquentes sur les entrepôts de dernier kilomètre en Belgique

 

Quel est le coût moyen d'un entrepôt de dernier kilomètre à Bruxelles en 2025 ?

Pour un city hub de 500 à 1 500 m² dans la première couronne bruxelloise (Anderlecht, Forest, Evere, Schaerbeek), le loyer facial se situe généralement entre 70 et 110 € / m² / an, soit 6 à 9 € / m² / mois hors charges. En ajoutant les charges locatives, le précompte immobilier refacturé et les frais de gestion, le coût total d'occupation dépasse souvent 85 à 130 € / m² / an. Les surfaces inférieures à 300 m² ou bénéficiant d'une localisation centrale exceptionnelle peuvent dépasser 120 € / m² / an en loyer facial.

 

Quelle surface faut-il prévoir pour un entrepôt de dernier kilomètre desservant une ville belge moyenne ?

Cela dépend du volume de commandes à traiter et du modèle opérationnel. Pour un opérateur traitant 200 à 500 colis par jour dans une ville de taille moyenne (Namur, Bruges, Mons, Hasselt), une surface de 300 à 800 m² est généralement suffisante, à condition d'optimiser la hauteur de stockage (racks à hauteur de 6 à 8 m) et les flux de réception / expédition. Pour des volumes supérieurs à 1 500 colis par jour, des surfaces de 1 500 à 3 000 m² deviennent nécessaires, idéalement avec plusieurs quais de chargement et une aire de manœuvre extérieure d'au moins 25 m de profondeur.

 

Les zones à basses émissions (ZBE) belges impactent-elles le choix de localisation d'un entrepôt ?

Oui, de manière significative. Les ZBE de Bruxelles, Anvers et Gand imposent des restrictions progressives sur les véhicules diesel et essence. D'ici 2030, seuls les véhicules à zéro émission (électriques ou à hydrogène) pourront circuler librement dans ces zones. Cela crée une forte pression pour localiser les entrepôts de dernier kilomètre soit à l'intérieur des ZBE (afin d'éliminer les trajets en véhicule thermique), soit à leur périphérie immédiate avec une flotte de livraison 100 % électrique ou en cargo-vélo. Le choix de la localisation doit donc intégrer dès aujourd'hui la composition future du parc de livraison.

 

Comment trouver rapidement un entrepôt logistique disponible en Belgique ?

La solution la plus efficace est de centraliser votre recherche sur une plateforme spécialisée. depotinfo.be référence en temps réel des centaines d'offres d'entrepôts et d'espaces logistiques sur l'ensemble du territoire belge — de Bruges à Arlon, d'Anvers à Liège. Vous pouvez filtrer par superficie, localisation, loyer et type de bien, et soumettre directement votre demande aux propriétaires ou aux agents mandatés. Pour les besoins complexes ou les recherches sur des marchés tendus comme Bruxelles ou Anvers, il est également conseillé de déposer un cahier des charges précis afin d'être alerté en priorité lors de nouvelles disponibilités.

Vous êtes à la recherche d'un entrepôt urbain ou d'un espace de logistique du dernier kilomètre en Belgique ? Ne perdez pas de temps à éplucher des annonces dispersées : déposez votre recherche sur depotinfo.be et accédez en quelques minutes à l'ensemble des offres disponibles correspondant à vos critères — superficie, localisation, budget, durée de bail. Nos équipes et nos partenaires immobiliers spécialisés vous accompagnent de la définition du besoin jusqu'à la signature du bail, pour que vous puissiez activer votre réseau logistique dans les meilleurs délais.